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00. Introduction

Introduction

5 résultats-clés

  1. L’étude Baromètre 2024 porte sur 400 opérateurs culturels et médiatiques en Fédération Wallonie-Bruxelles et se destine à informer tant les opérateurs eux-mêmes que les pouvoirs subsidiants.
  2. Il existe une grande diversité de besoins et de freins en termes de développement numérique dans ce secteur, en fonction de la taille, du type d’activité et de l’éventuel taux de subvention publique de chaque opérateur.
  3. Globalement, le baromètre témoigne d’un haut niveau de développement numérique, avec une adoption significative de stratégies numériques et de pratiques en ligne pour fidéliser et élargir le public.
  4. Des défis tels que la sécurité informatique, la protection des données, le manque de formation et d’expertise numérique et l’accès à l’information sur les aides financières nécessitent l'attention de la FWB. Il existe à cet égard une réelle opportunité de créer une activité de consultance pour accompagner ces secteurs de façon différenciée.
  5. Certains opérateurs culturels de petite taille ne voient pas la nécessité de renforcer leur présence numérique et soulignent le danger d’une invisibilisation d’une partie de leur audience si un développement numérique plus important était envisagé.

Le baromètre des pratiques numériques des opérateurs culturels et médiatiques en Fédération Wallonie-Bruxelles est issu d’une enquête de l’UCLouvain, menée du 24 août 2023 au 12 octobre 2023, ayant pour objectif d’établir une cartographie des pratiques numériques de ces opérateurs. Pas moins de 401 opérateurs ont participé à cette enquête. Du point de vue géographique, 38% des participants sont localisés dans la région de Bruxelles : c’est deux fois le nombre d’opérateurs basés dans la région de Liège. 15,7% des répondants viennent du Hainaut, 11,2% de Namur et moins de 10% des répondants se situent dans les provinces du Brabant wallon et du Luxembourg (respectivement 9% et 7%).

Graphique radar affichant l'évaluation de différents aspects d'une organisation sur une échelle de 0 à 100. Les axes du radar incluent la stratégie, le contenu, l'organisation et la communication. Chaque axe montre une couleur différente représentant une évaluation spécifique, formant un polygone qui illustre visuellement les forces et les faiblesses dans chaque domaine.

Activité principale

L’enquête couvre une vaste diversité de secteurs : le domaine des arts de la scène/vivants est le plus représenté (24,4% des répondants), suivi par le secteur du patrimoine matériel et immatériel et des musées (14,5%), des médias et des bibliothèques (11% chacun). Ces quatre secteurs représentent 60% des réponses.

Activité principale des opérateurs

Année de création

Leur profil témoigne également d’une ancienneté variable : 30% des opérateurs ayant répondu à l’enquête ont été fondés avant 1980 ; 66% des participants ont été créés il y a plus de 20 ans. Les organismes jeunes constituent 30% des profils interrogés, avec seulement 5 opérateurs (1,2%) ayant été créés il y a moins de 4 ans.

Quelle est l'année de création de votre organisation ?

Subsides publics

Les secteurs culturels et médiatiques sont financés de manière conséquente par les subsides publics : plus de la moitié (53,6%) des participants ont déclaré fonctionner à 50% ou plus grâce aux subsides publics. Ce chiffre important ne doit pas dissimuler une réalité hétérogène, notamment le fait que 8,7% des opérateurs fonctionnent sans aucun subside public.

Part du budget annuel représentée par les subsides publics

4 dimensions

L’étude a évalué 4 dimensions spécifiques des pratiques numériques des opérateurs culturels et médiatiques :

  • 1.

    La stratégie numérique générale : la présence du numérique dans la stratégie de l’opérateur incluant les objectifs fixés, les moyens et actions à mettre en place.

  • 2.

    Les pratiques numériques organisationnelles : l’usage du numérique dans les processus de travail de l’opérateur ainsi que les compétences et la formation du capital humain.

  • 3.

    Les pratiques numériques communicationnelles : l’usage du numérique pour assurer la présence en ligne de l’opérateur et communiquer vers les publics externes à l’opérateur.

  • 4.

    Les pratiques numériques liées aux contenus : l’usage du numérique pour produire, conserver, et diffuser des contenus culturels et/ou médiatiques en ligne.

Les résultats saillants obtenus dans chacune de ces dimensions sont détaillés ci-dessous. Ensuite, en établissant un score de chaque opérateur pour chacune des 4 dimensions, l’étude a identifié 5 groupements d’opérateurs aux pratiques numériques similaires. Ces groupements, également appelés personas, sont présentés à la suite des dimensions.

01. Stratégie

Stratégie
Le défi ne me semble pas aujourd'hui de faire "plus", mais de faire mieux. Et trouver un équilibre aujourd'hui difficile entre éthique, sens de nos missions, et visibilité dans le paysage numérique

Définition et chiffres

La dimension Stratégie évalue le niveau de réflexion des opérateurs sur leurs besoins en matière de numérique, la façon dont ils établissent des priorités entre ces besoins, les objectifs qu’ils se sont fixés, ainsi que les moyens qu’ils se donnent pour les atteindre.

75%

des opérateurs culturels et médiatiques belges francophones estiment avoir défini une stratégie numérique pour leur organisation, chiffre trois fois plus élevé que pour les organismes publics wallons

73.2%

des opérateurs pensent avoir défini les objectifs précis de cette stratégie

35.9%

des opérateurs estiment que leur stratégie a été formulée de manière claire dans des documents internes

37.2%

des opérateurs pensent que leur stratégie numérique intègre des enjeux environnementaux, chiffre plus faible que celui annoncé par les entreprises belges wallonnes (40%)

Définition d’une stratégie numérique

Votre organisation a-t-elle défini une stratégie numérique?

Détails de la stratégie numérique

La stratégie numérique de l'organisation...

Budget alloué au numérique dans l’organisation

La plupart des opérateurs (64,8%) dédient moins de 10% de leur budget total au numérique et seuls 3,5% des opérateurs y dédient plus de 50% : ce sont des opérateurs plutôt jeunes (surtout créés après 2001), dans le domaine de la radio, de la télévision, des médias multiplateformes et du livre et de l’édition, qui ont une activité principalement numérique et sont situés majoritairement à Bruxelles. Ils ont un nombre d’ETP assez restreint et ne bénéficient pas de subsides publics spécifiques.

Part du budget allouée au numérique

Perception de l'enjeu du numérique pour le secteur d'activité de l'organisation

Une grande majorité des opérateurs (86%) considèrent l’enjeu du numérique comme une opportunité pour leur secteur d’activité. Les opérateurs de petite taille (moins de 5 ETP) sont davantage représentés parmi les répondants considérant le numérique comme non-indispensable (71% contre une moyenne de 11% pour les autres tailles) ou comme un effet de mode (65% contre une moyenne de 12% pour les autres tailles).

Perception de l'enjeu du numérique

02. Organisation

Organisation
Le numérique permet de ne pas se disperser, en équipe, de voir clair dans ce qu'on fait

Définition et chiffres

La dimension Organisation se concentre sur les pratiques numériques organisationnelles mises en place de manière concrète par les opérateurs culturels et médiatiques, en particulier celles touchant au flux de travail, aux données et au partage de connaissances au sein de l’organisation. Cette dimension examine les ressources utilisées aujourd’hui par les opérateurs pour atteindre les objectifs de leur stratégie numérique, exprimée dans la dimension Stratégie.

23.4%

des organisations n’ont toujours pas formalisé une politique de gestion des données, malgré les obligations légales en matière de RGPD

50.9%

des organisations disposent majoritairement en interne d’un gestionnaire de site web et 62,8% d’un community manager : ce chiffre impressionnant peut recouvrir des réalités très diverses, allant d’un expert formé dans le domaine de la communication à une personne ressource exerçant un ensemble de métiers à l’aide d’outils d’aide au numérique

65%

des opérateurs ont recours à plus de 5 logiciels permettant la gestion du numérique : traitement de l’image, de la vidéo, système de gestion de contenu (CMS) pour créer un site web et outils de gestion des projets ou de gestion des publications en ligne

70%

des opérateurs s’estiment satisfaits par le matériel informatique et les logiciels informatiques dont ils disposent. Par contre, en matière de formations, les résultats sont moins élevés : la maitrise des outils numériques et la possibilité d’une formation continue dans le domaine numérique sont disponibles chez moins de 60% des opérateurs

Gestion du numérique par les professionnels en interne ou en sous-traitance

Outre le gestionnaire de site web et le community manager, le métier le plus présent dans le secteur culturel et médiatique est le programmeur, intervenant chez 66,3% des opérateurs, mais est aussi paradoxalement le métier le moins employé en interne. Viennent ensuite le responsable de la protection des données (Data Protection Officer, à 59%) et le gestionnaire de la sécurité, qui est également un sous-traitant la plupart du temps.

Gestion des métiers

Détails sur les logiciels numériques utilisés

Les cinq logiciels les plus utilisés par les opérateurs sont les logiciels de traitement de l'image, les applications de stockage de données dans le Cloud, les logiciels de gestion collaborative des documents, les systèmes de gestion de site web type CMS et les logiciels de mailing. La pratique de stockage dans le Cloud est plus courante chez les opérateurs culturels et médiatiques (80,6%) que dans les entreprises wallonnes (46%) et les associations belges (68%).

Dans ses processus de travail, l'organisation utilise les logiciels...

Réglementation générale pour la protection des données

Les chiffres concernant le respect du RGPD chez les opérateurs culturels et médiatiques sont interpellants. En effet, 23,4% des opérateurs n’ont pas formalisé une politique de gestion des données, notamment pour la protection de la vie privée. Ce chiffre est aussi interpellant que celui relatif aux organismes publics (27,7%), mais il est moins problématique que dans les entreprises wallonnes, où pas moins de 54% des structures déclarent ne pas avoir de politique de gestion des données.

Avez-vous formalisé une politique de gestion des données, notamment pour la protection de la vie privée (RGPD) ?

03. Communication

Communication
Vu la grande offre d'activités culturelles dans notre secteur et l'utilisation toujours croissante du numérique par les publics, la présence numérique (réseaux sociaux, web, ...) est absolument indispensable. Sans l'utilisation du numérique, nous n'aurions tout simplement aucune visibilité

Définition et chiffres

La dimension Communication regroupe les pratiques numériques qui touchent à la communication des organisations pour atteindre les publics cibles ainsi que les moyens utilisés pour assurer cette présence en ligne.

97.5%

des opérateurs utilisent au moins un réseau social pour faire leur promotion ou pour communiquer avec leur public : Facebook et Instagram sont les deux réseaux les plus populaires, suivis de LinkedIn ou Youtube, en fonction des objectifs de visibilité

92%

des opérateurs disposent d’un site web : parmi ceux qui n’en disposent pas, 47% l’expliquent par un manque de formation et 41% par le coût élevé que représente un site web

31.2%

des opérateurs ont déjà eu recours à des campagnes de publicités payantes en ligne pour améliorer leur visibilité numérique, chiffre deux fois plus élevé que dans le monde entrepreneurial dans son ensemble, où seuls 15% ont déjà eu recours à cette pratique

Utilisation des réseaux sociaux

La quasi-totalité des opérateurs utilisent les réseaux sociaux pour assurer une visibilité en ligne (99%), informer le public (97,7%), assurer leur promotion (95%) ou fidéliser leur public (90%). Les 2,5% interrogés qui déclarent n’utiliser aucun réseau social sont des opérateurs plus anciens, appartenant aux domaines des archives, des musées, des arts de la scène et des bibliothèques. Ils ont donc plutôt une activité physique et ce sont de petites structures.

Votre organisation utilise-t-elle les réseaux sociaux ?

Tendances dans l'utilisation des réseaux sociaux

Bien que Facebook soit le réseau social le plus utilisé, quel que soit le domaine d’activité des opérateurs, l’utilisation d’Instagram, Youtube et Linkedin varie en fonction des secteurs d’activités des répondants. En effet, Instagram est populaire dans les secteurs des médias, de la création littéraire, des cinémas et des arts plastiques et visuels. Youtube est plus souvent utilisé par les opérateurs des arts de la scène et des arts vivants, par les musées et le patrimoine matériel et immatériel. Linkedin est significativement utilisé par le secteur de l’éducation permanente, de la presse écrite et des médias multiplateformes.

Raisons de ne pas utiliser les réseaux sociaux

Les deux raisons principales invoquées par ces structures pour expliquer leur absence sur les réseaux sont le manque de moyens humains et financiers (60%) et le manque de formation (50%). Pour certains de ces opérateurs (30%), leur présence sur les réseaux est en cours de création, mais pour d’autres, les réseaux sociaux ne sont tout simplement pas adaptés à leur secteur d’activité.

Raisons

Site internet des opérateurs

La quasi-totalité des opérateurs disposent d’un site web (92%), bien que la création d’un site web soit plus commune chez les opérateurs plus anciens, et plus spécifiquement ceux créés avant 1980. Ce chiffre est près de deux fois plus élevé que chez les entreprises wallonnes (48%) et plus de cinq fois plus élevé que dans le milieu culturel québécois (17%). 84,6% des opérateurs améliorent la visibilité de leur site internet en mettant à jour régulièrement le contenu, ce qui semble plus courant chez les opérateurs des arts de la scène et des arts vivants, dont l’activité le permet plus aisément.

Votre organisation dispose-t-elle d'un site web propre ?

04. Contenu

Contenu
Nous diffusons davantage notre contenu numérique pour rendre ce contenu accessible au plus grand nombre

Définition et chiffres

La dimension Contenu évalue les pratiques numériques grâce auxquelles les organisations produisent, conservent, et diffusent leurs contenus culturels et médiatiques. On y observe notamment les formats de données utilisés par les opérateurs ainsi que les objectifs de la diffusion de ces contenus.

75.8%

des opérateurs culturels et médiatiques numérisent au moins une partie de leurs contenus. La numérisation des contenus est plus présente chez les opérateurs anciens et dans le secteur des musées et patrimoine et moins par exemple dans les bibliothèques

51.3%

des opérateurs qui numérisent du contenu traitent du contenu de différentes modalités : dans la plupart des organisations, le mélange de formats texte, audio, vidéo et image est très répandu

68%

des opérateurs culturels et médiatiques diffusent leur contenu numérisé en ligne. Sans surprise, cette diffusion se démarque particulièrement dans le secteur de la télévision

80%

des opérateurs au moins utilisent leur site web propre ainsi que les réseaux sociaux pour diffuser leur contenu. Ce sont les deux moyens de diffusion les plus utilisés chez les organisations interrogées

Numérisation du contenu

Votre organisation numérise-t-elle certains de ses contenus ?

Formats du contenu numérique

La majorité des opérateurs (51,3%) numérise une combinaison de différentes modalités (image, texte, vidéo, audio). Le format image concerne principalement les archives, les arts visuels, les bibliothèques, le monde du livre et les musées. Le format texte est plutôt lié au secteur de la création littéraire, de l'éducation et du livre. Pour sa part, la vidéo concerne surtout les arts de la scène/vivants et les médias et le format audio concerne en particulier le secteur des radios et des médias pure players.

Sous quels formats votre organisation numérise-t-elle du contenu ?

Diffusion de contenu numérisé en ligne

Votre organisation diffuse-t-elle du contenu numérisé en ligne ?

Moyens de diffusion

Outre les deux canaux traditionnels que sont le site web et les réseaux sociaux, les canaux de diffusion les plus employés sont les plateformes d’hébergement de contenu (par 64,1% des opérateurs) et les sites web partagés, qui est plus courante chez les opérateurs anciens (créés avant 1981).

Moyen de diffusion de contenu numérique

Objectifs de diffusion

71,8% des opérateurs déclarent diffuser le contenu numérisé, non pas sous forme d’extrait ou de teaser, mais pour publier ces contenus dans leur intégralité. Ce sont des opérateurs plus anciens, principalement les archives, l’éducation permanente, la radio, la télévision et les médias multiplateformes.

05. Personas

Personas

En parallèle de la description des tendances sur l’ensemble des opérateurs, l’étude Baromètre s’est focalisée sur la segmentation de la population étudiée en groupes d’opérateurs qui partagent des similarités de comportement. Nous appelons ces groupes personas : nous avons identifié 5 personas. Le graphe ci-contre résume les 5 personas en fonction de la moyenne des scores pour chacune des quatre dimensions des opérateurs qu’il rassemble.

En vert, on observe les deux personas (3 et 5) qui regroupent les opérateurs qui produisent très peu de contenus numériques propres et, en bleu, les trois personas (1, 2 et 4) qui regroupent les opérateurs qui produisent des contenus numériques propres, mais qui diffèrent par rapport aux trois autres dimensions de développement numérique.

  • Persona 1: Les grandes structures créatives
  • Persona 2: Les investis du numérique
  • Persona 3: Les opérateurs en quête de numérisation
  • Persona 4: Les opérateurs en manque de moyens
  • Persona 5: Les créateurs de contenus physique

Graphique radar affichant l'évaluation de différents aspects d'une organisation sur une échelle de 0 à 100. Les axes du radar incluent la stratégie, le contenu, l'organisation et la communication. Chaque axe montre une couleur différente représentant une évaluation spécifique, formant un polygone qui illustre visuellement les forces et les faiblesses dans chaque domaine.

Persona 1

Les grandes structures créatives

A l'ère numérique, l’évolution des habitudes de consommation médiatique oriente les utilisateurs, en particulier les jeunes générations, vers de plus en plus de contenu en ligne, que ce soit sur des sites web, des applications mobiles ou des plateformes de médias sociaux. Développer une présence numérique permet de suivre cette tendance.

Profil d’opérateur

  • Ce sont des organisations de taille moyenne à large
  • Elles ont une activité autant physique que numérique
  • Elles créent, diffusent et conservent du contenu numérique
  • Secteurs principaux relevant des médias et de la culture : centres culturels, théâtres, télévisions, médias multiplateformes, musées

36%

de ces opérateurs ont plus de 20 ETP.

100%

de ces opérateurs ont défini une stratégie numérique

100%

de ces opérateurs disposent d’un site web

Profil numérique

  • Ils ont pensé et défini une stratégie numérique et disposent d’un site web
  • Ils sont motivés par la concurrence, les exigences du public et l’amélioration de leur visibilité
  • Ils disposent en interne autant des métiers du numérique que des dispositifs de sécurité et des formations adaptées
  • Ils sensibilisent leurs employés aux enjeux du numérique

Défis de ce persona

  • Ils n’investissent pas autant que voulu dans le numérique : ils aimeraient notamment disposer de plus de subsides publics
  • Ils n’ont pas tous franchi le pas de l’application mobile
  • Ils aimeraient que les outils et logiciels libres soient mieux promus pour réduire la fracture numérique

Idées inspirantes issues de ce persona

  • Le numérique permet d’explorer de nouvelles voies pour rendre le patrimoine archéologique (difficile à appréhender) compréhensible (réalité augmentée, etc)
  • Le numérique peut avoir une utilité interne : les outils collaboratifs peuvent développer de l'intelligence collective au sein de l'organisation
  • Le numérique permet de dépasser le niveau local pour atteindre un public mondial
Persona 2

Les investis du numérique

Le numérique permet un pont vers le support physique, une amorce

Profil et chiffres

  • C’est le persona qui regroupe le plus grand nombre d’opérateurs (119)
  • Ce sont des opérateurs plutôt de taille moyenne
  • 80% de ces opérateurs ont été créés il y a plus de 20 ans
  • Ils ont une activité autant physique que numérique
  • Ils numérisent et diffusent du contenu
  • Secteurs principaux relevant des médias et de la culture : musées, radios, arts de la scène et arts vivants

60%

de ces opérateurs sont majoritairement financés par les subsides publics (à hauteur de plus de 50%)

70%

de ces opérateurs ne sont pas motivés par les enjeux de la concurrence : ils sont davantage mobilisés par les exigences du public et par le fait de donner accès à la culture au plus grand nombre

85%

ont formalisé une politique de gestion des données RGPD, ce qui est bien plus élevé que la moyenne des opérateurs (67%)

Profil numérique

  • Ces opérateurs perçoivent le numérique comme une opportunité à saisir
  • Leur budget numérique est relativement élevé (50% des opérateurs investissent dans le numérique à plus de 10% de leur budget global)
  • Ils utilisent de nombreux logiciels numériques pour répondre à leurs besoins numériques (entre 6 et 10 logiciels spécialisés) et ils assurent leur sécurité informatique
  • Ils sont proactifs sur les réseaux, leur site web et des portails tiers
  • Ils n’ont pas développé d’application mobile
  • Ils numérisent du contenu principalement multimodal (combinaison de plusieurs formats)

Défis de ce persona

  • Même s’ils reconnaissent l’utilité du numérique, ce dernier peut aussi leur apparaitre comme une contrainte, car ils ont constamment besoin de numériser davantage leur contenu
  • Ils sont nombreux à traiter la numérisation en sous-traitance : ils sont donc trop dépendants des compétences des sous-traitants
  • Savoir ce qui existe en matière numérique n'est pas toujours facile pour ce persona

Idées inspirantes issues de ce persona

  • Il faut stabiliser les formats et les outils, sinon les transformations sont trop coûteuses
  • Le numérique est un outil pour toucher un autre public qui aimerait accéder à la culture, mais qui ne le peut pas (pour des raisons financières, de handicap, d’emploi du temps…)
Persona 3

Les opérateurs en quête de numérisation

Nous devons nous approprier ces nouveaux canaux numériques afin surtout d'accompagner les publics dans leur utilisation

Profil d’opérateur

  • Petites à moyennes structures (moins de 10 ETP) d’opérateurs plutôt jeunes (34% créés depuis 2001)
  • Principalement implantés à Bruxelles (et répartis de façon équilibrée dans les autres régions)
  • Majoritairement issus du secteur culturel (86%) plutôt que médiatique
  • Peu d’entre eux numérisent eux-mêmes du contenu, mais ils peuvent diffuser d’autres contenus
  • Secteurs principaux : bibliothèques, librairies, arts de la scène et du vivant, patrimoines et musées, relais culturels et cinémas

39%

de ces opérateurs ont une activité physique, mais pas numérique

94%

sont guidés par les exigences du public

100%

veulent accroitre leur notoriété et leur visibilité

Profil numérique

  • Ils ont défini une stratégie numérique (90%) mais investissent peu dans le numérique (moins de 10%)
  • Ils ont majoritairement défini une politique de gestion des données personnelles (77%) mais ont moins investi que les 2 premiers groupes dans la sécurité informatique

Défis de ce persona

  • Ils souffrent d’une expertise insuffisante pour gérer les changements numériques en interne et ont généralement un personnel vieillissant qui peut freiner le développement numérique.
  • Leur objectif est de rendre accessibles les contenus à un public international et de mieux visibiliser les artistes qu’ils programment

Idées inspirantes issues de ce persona

  • C’est un persona qui désire développer son activité numérique et qui cherche des moyens humains et financiers pour y parvenir
Persona 4

Les opérateurs en manque de moyens

C'est surtout le temps et ensuite les moyens financiers qui manquent. Les appels à projets en faveur du numérique sont (trop) nombreux, alors même que l'on connaît finalement peu les moyens réels à disposition.

Profil d’opérateur

  • Ce grand groupe (113 opérateurs), constitué de petites structures (moins de 5 ETP), vit le numérique avec de plus petits moyens
  • Ce sont des opérateurs moyennement récents (depuis 1981), qui ont une activité physique et numérique principalement : ils sont 95% à numériser et diffuser du contenu
  • Majoritairement issus du secteur culturel (90%) plutôt que médiatique
  • Secteurs principaux : éducation permanente, archives, arts plastiques et visuels, livres et édition

60%

de ces opérateurs bénéficient à plus de 50% de subsides publics

23%

seulement ont déjà utilisé une campagne de publicité en ligne pour améliorer sa visibilité numérique

33%

de ces opérateurs n’ont pas défini de stratégie numérique

Profil numérique

  • Ces opérateurs disposent d’un site web et sont présents, comme les autres, sur les réseaux sociaux
  • Cependant, 1/3 de ces opérateurs n’ont pas défini de stratégie numérique : ils manquent d’expertise, de compétences et de formation numérique adéquate
  • Seulement 49% d’entre eux ont formalisé une politique de gestion des données ; ils n’ont pas non plus beaucoup investi dans la sensibilisation du personnel à ces questions et aux autres mesures de sécurité informatique
  • Pourtant, ils considèrent le numérique comme une opportunité à saisir pour répondre aux exigences du public et accroitre leur visibilité

Défis de ce persona

  • La masse de contenus à numériser et à conserver de manière numérique posent problème à ce persona
  • Le manque de moyens humains et le peu de connaissance des outils existants et de leur maintenance constituent des freins supplémentaires
  • Leur défi réside dans la masse des contenus à numériser et à conserver : il s’agit à la fois de faciliter l'accès aux contenus tout en protégeant ceux-ci, en évitant leur détérioration lors de la consultation par le public

Idées inspirantes issues de ce persona

  • Les dépenses liées au numérique sont tout aussi importantes que les dépenses liées à la création, l'un ne va pas sans l'autre
  • Le développement du 'tout numérique' peut invisibiliser une partie de la population
Persona 5

Les créateurs de contenus physiques

Les outils numériques se modifient sans cesse et demandent de constantes remises à niveau qui sont impossibles avec des petites structures et beaucoup de bénévoles

Profil d’opérateur

  • Majoritairement issus du secteur culturel (90%) plutôt que médiatique
  • 60% de ces opérateurs ont été fondés depuis 1980 et sont de très petites structures (de 0 à 4 ETP)
  • Peu d’entre eux numérisent leur contenu physique (36%) et c’est pour leur usage propre car seuls 2% diffusent ce contenu numérisé
  • C’est un groupe d’opérateurs majoritairement implantés à Liège (30%), puis à Bruxelles (23%)
  • Secteurs principaux : arts de la scène, arts plastiques, bibliothèques et éducation permanente

64%

d’entre eux ont une activité uniquement physique

2%

de ces opérateurs seulement diffusent du contenu numérisé

71%

des opérateurs n’ont pas défini de stratégie numérique

Profil numérique

  • Ce persona investit peu d’argent dans le numérique et c’est aussi un groupe peu subventionné par le secteur public, qui assure les missions numériques principalement en interne avec les ressources existantes. Ils ne font pas appel à des programmeurs, un DPO ou des analystes de données
  • Ils utilisent relativement peu de logiciels qui pourraient les aider à développer leur présence numérique ou à assurer leur sécurité informatique. Ils sont moins nombreux que les autres groupes à être présents sur les réseaux sociaux (même si ce chiffre est quand même de 93%) et un quart de ce groupe n’a pas de site web
  • Pour ce groupe, le numérique pourrait constituer une opportunité, mais ce n’est pas indispensable pour leur secteur d’activité et le numérique est aussi perçu pour la moitié d’entre eux comme une contrainte. Seules les exigences du public ou l’amélioration de leur visibilité pourraient servir de leviers pour s’investir davantage dans le numérique

Défis de ce persona

  • Ce persona met en avant le manque de moyens dont il souffre (88%), ainsi que le manque de compétences numériques en interne (74%). La moitié de ce groupe déclare aussi peiner à analyser les besoins de leur secteur en matière de numérique
  • C’est un groupe d’opérateurs qui fonctionnent avec un grand nombre de bénévoles et dépendent donc de leur présence et de leur expertise
  • C’est aussi un groupe d’organisations qui dépendent de réseaux (par exemple le réseau des bibliothèques) et elles n'éprouvent donc pas le besoin de développer davantage le numérique à leur niveau local

Idées inspirantes issues de ce persona

  • Vu le peu de moyens dont ils disposent, ils souhaiteraient que les pouvoirs subsidiants développent des outils qui permettent le multiposting pour coordonner la production et faciliter les passerelles d'un site à l'autre et gagner du temps
  • Développer les compétences numériques et la maitrise des logiciels existants
  • Nous ne savons où aller frapper pour obtenir un peu plus de subsides...

06. Conclusions et perspectives

Les résultats de l'enquête Baromètre apportent des enseignements pour les opérateurs culturels et médiatiques ainsi que pour les institutions publiques qui les soutiennent.

De manière générale, les résultats montrent que les opérateurs culturels et médiatiques ont déjà atteint un niveau de maturité numérique élevé, notamment pour ce qui trait à leur visibilité en ligne. La visibilité à travers les réseaux sociaux ou les sites web constitue une priorité partagée par presque tous les opérateurs, notamment dans le but d’augmenter leur notoriété, d’établir une communication avec le public et de faciliter l'accès au contenu culturel pour tous. Même les opérateurs les plus frileux face aux développements incessants du monde digital cherchent néanmoins à maintenir le contact avec leur public via certaines pratiques numériques. Enfin, la quasi-totalité des opérateurs se dit motivée par le développement de compétences et de pratiques numériques, si c’est dans le but de créer de nouveaux contenus, produits et services.

L'étude met en lumière deux défis majeurs pour le monde culturel et médiatique : (1) Le manque de formation numérique adaptée aux secteurs, avec des différences d’ailleurs significatives entre secteur culturel et médiatique. En effet, seuls 39,9% des opérateurs estiment posséder des compétences numériques suffisantes et ils sont nombreux à admettre que le personnel vieillissant ne peut pas suivre correctement l’expertise numérique nécessaire à leur développement. (2) L’éthique des données numériques : un quart des opérateurs culturels et médiatiques n'a toujours pas formalisé une politique de gestion des données : ceci constitue probablement un des grands points d’attention provenant du Baromètre.

L’accroissement des subsides publics et la communication claire sur ces subsides constituent des clés pour dynamiser ces secteurs ; à cela s’ajoute le développement d’un marché potentiel important pour de la consultance spécialisée dans les secteurs culturels et médiatiques, que ce soit au niveau des formations, de la protection des données et la sécurité informatique ou au niveau de l’étude de l’impact des développements numériques sur le secteur, véritable défi évoqué par les opérateurs, qui peinent à percevoir le retour sur investissement et les réels besoins numériques de leur secteur.

  • Université catholique de Louvain
  • NextGenerationEU
  • Media Innovation & Intelligibility Lab
  • Fédération Wallonie-Bruxelles